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Anne Waldman au FVA 2004, spectacle «Body and Soul 1», La Sala Rossa, 16 février 2004. Photo: Luc Vallières

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Qu’est-ce que le spoken word?

La pratique du spoken word englobe le spectacle de poésie, le conte, la performance axée sur le texte, la poésie rap et dub* et le poetry slam. Dans le cadre du Festival Voix d’Amériques, nous élargissons le cadre en invitant aussi des chanteurs qui ont un engagement plus personnel avec le texte ainsi que des musiciens improvisateurs à l’écoute des mots. La tradition de l’oralité est l’une des plus anciennes au monde. Il y a eu, de tout temps et sur tous les continents, des conteurs et des poètes qui ont livré leurs textes devant un public. Le mot spoken word comme tel nous vient des États-Unis, inspiré des traditions jazz, soul et blues, et de la Beat Generation symbolisée par Kerouac, Ginsberg et Burroughs. Le spoken word connaît ces dernières années une vitalité exceptionnelle en Amérique du Nord et plus particulièrement à Montréal.

Le spoken word c’est un texte performé devant public par son auteur. Si l’écrit est le point de départ de cette forme artistique, il est cependant revisité par un travail sur la sonorité des mots et sur le rythme. Une langue accessible et directe est donc privilégiée pour faire bouger le texte, le rendre vivant et même l’improviser. En plus des mots, les performeurs explorent aussi le langage de la voix et du corps, et parfois également l’espace scénique, ou même les nouvelles technologies.

Le spoken word est une expérience live et immédiate, qui se produit entre le poète-performeur et le public. Le performeur accepte l’effet, l’impact du public sur sa performance et parfois même sur son texte. Sa performance variera selon qu’il passe en début ou en fin de soirée, s’il y a peu ou beaucoup de monde dans la salle, si le public réagit vivement. Cela suppose une certaine souplesse de la part de l’auteur, une conscience de l’environnement, une intelligence de la situation. Contrairement à la plupart des acteurs de théâtre, les performeurs de spoken word écrivent leurs propres textes. Même s’ils jouent parfois un personnage, incorporent de la musique ou des éléments de scénographie; leur préoccupation est davantage de parler à l’auditoire plutôt que de jouer devant l’auditoire.

Les spectacles de spoken word se présentent sous forme de cabarets éclectiques et colorés, au cours desquels chaque performeur propose son propre univers : on y trouve des voix différentes, des styles variés et les performances sont souvent accompagnées de musique. On ne parle plus ici d’un récital de poésie classique ou de soirées littéraires, mais bien de spectacles multidisciplinaires.

Le spoken word présente souvent une notion d’engagement de la part de l’artiste envers sa communauté. On retrouve, dans ces soirées plus qu’ailleurs, un rassemblement des différentes minorités (gaie, lesbienne, black, anarchiste). Le milieu du spoken word rejoint donc un public varié. Il est démocratique et offre une large place aux nouveaux et à la relève, quel que soit son âge, par le biais de micros ouverts (open mic) et de concours de poetry slam. De plus, depuis quelques années on assiste à un rapprochement entre anglophones et francophones lors de plusieurs soirées bilingues.

Montréal a développé une culture originale et unique en Amérique du Nord grâce au dynamisme des nombreuses communautés qui y vivent. Le mouvement de spoken word, par sa volonté de briser les règles et de prendre des risques, s’inscrit dans cette mouvance alternative, festive et engagée.

* La poésie dub part de la langue jamaïcaine. Elle est rythmée et parle souvent de la pauvreté et des exclus de la société. Le rap est davantage connu car il est maintenant largement répandu dans la culture des jeunes: il s’agit essentiellement de textes scandés sur une musique hip hop. Le poetry slam est un concours de poésie performée où c’est le public qui juge les performances. [ii-04]

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Page doc@medias.textes.spoken_word générée à Montréal par litk 0.560 le vendredi 22 janvier 2010. Conception et mise à jour: DIM.