Nouvelle

8e FVA — Une édition audacieuse et un public fidèle

Jeudi 19 février 2009
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Une fois de plus le Festival Voix d’Amériques a gagné son pari de créer un événement unique, original, effervescent et touchant. Le tournant affirmé vers la performance a permis de présenter de nouveaux artistes, de nouveaux concepts et d’attirer un public nombreux puisque ce n’est pas moins de 5 représentations sur 9 qui ont été présentées à guichet fermé. Le taux d’assistance a été de 95% ce qui signifie une augmentation de 2% par rapport à 2008.

L’invitée d’honneur Marie-Jo Thério nous a prouvé une fois de plus qu’elle est une véritable bête de scène et a su nous emmener dans un curieux voyage avec ses invités, un spectacle à la fois poétique et éclectique qui a surpris et enchanté le public.

Le périlleux pari du band Poètes publics, qui fait collaborer poètes et musiciens sur la base de l’improvisation, a bien fonctionné, au grand soulagement de la directrice artistique D. Kimm qui savait à quel point ce projet repose sur la capacité des artistes de s’écouter et de se deviner. Le band poursuivra ses explorations.

La conteuse française Myriam Pellicane nous a littéralement subjugués avec ses histoires étranges et sa présence scénique intense. Une géante, dans tous les sens du terme. Et le très attachant chanteur autochtone Robert Seven-Crows a permis à ses musiciens Bernard Falaise et Éric West de se déchainer.

La soirée Body and Soul 6 a dépassé toutes les attentes et les cinq danseuses ont chacune proposé un numéro touchant, dérangeant, troublant. Quand les filles transgressent les limites, l’audace est au rendez-vous.

Le populaire Combat contre la langue de bois, animé cette année par une Monique Giroux savoureusement délinquante, a permis de faire entendre des voix intègres et touchantes, à la fois pertinentes et impertinentes, dont celles de Chantal Lamarre, Émile Proulx-Cloutier, Yann Perreau et… l’ex-politicienne Louise Harel qui a saisi l’occasion avec brio.

Animatrice du Cabaret DADA Surréaliste, Nathalie Claude nous en a fait voir de toutes les couleurs de même que les artistes invités qui ont tous présenté des performances déjantées dans une Sala Rossa pleine à craquer.

La révélation du Festival fut sans contredit le spectacle Le Miracle de Brahmine. Le miracle a bien eu lieu et le collectif Brahmine (transformé pour l’occasion en famille caractérielle Robert-Boudin) a proposé un spectacle poétique, étrange et inclassable, avec des surprises dans tous les coins de La Sala Rossa et même au milieu du public intrigué et complice. Deux représentations présentées à guichet fermé et plusieurs spectateurs déçus de ne pouvoir entrer. Mais le collectif Brahmine poursuivra ses activités.

La série des «5 à 7 band + poésie» a connu un énorme succès et la Casa del Popolo a été la plupart du temps pleine à craquer. Le public composé majoritairement de jeunes a pu savourer gratuitement les performances généreuses des groupes Avec pas d’casque, El Motor, Géraldine, l’Orchestre d’Hommes-orchestres et leurs poètes invités. Et les Shift de nuit présentés aussi gratuitement à la Casa ont permis de faire entendre plusieurs nouvelles voix, avec la complicité des fabuleux musiciens Philippe Brault et Guido Del Fabbro et de l’animateur Michel Vézina.

La directrice artistique D. Kimm, fatiguée mais heureuse, prépare fébrilement la prochaine édition qui aura lieu du 5 au 12 février 2010 et mijote déjà les célébrations des 10 ans du Festival Voix d’Amériques en 2011.