Nouvelle

Bilan du FVA 2010: Des artistes audacieux et un public complice

Mardi 16 février 2010
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La 9e édition du Festival Voix d’Amériques, qui s’est déroulé du 5 au 12 février 2010, a été foudroyante (carrément!). Les salles étaient souvent pleines à craquer mais le public du FVA est le plus beau des publics, il était attentif et complice, permettant aux artistes de se déployer avec audace et émotion. On le dit de plus en plus, le public qui fréquente le FVA est pour beaucoup dans le succès de cet événement novateur qui a chaque année continue de nous surprendre. Concrètement, le taux d’assistance a été de 95% ce qui signifie une augmentation de 10% par rapport à l’année dernière.

L’invitée d’honneur Ursula Rucker a présenté des performances fortes et intenses. Elle a été littéralement galvanisée par son passage au FVA, elle a adoré la rencontre au point de s’inscrire au Micro Ouvert après son spectacle tellement elle était exaltée. Sky de Sela nous a bouleversé tout en nous faisant rire et l’écoute était telle qu’on entendait le moindre soupir, le moindre sourire de Sky.

Les filles du Body and Soul ont livré la marchandise et ont été tout autant émouvantes que puissantes. Les filles des deux soirées Dans la forêt nous ont entrainés dans leurs univers singuliers, c’était dense, touchant, étrange et poétique. Et d’bi.young s’est révélée une merveilleuse conteuse dans son spectacle BENU présenté à La Chapelle.

Notre très aimé Fred Fortin, accompagné de ses musiciens virtuoses, a donné un spectacle mémorable et généreux. Nous avons eu droit à une édition particulièrement engagée du Combat contre la langue de bois où Sœur Esther Champagne n’y est pas allée de main morte de même que Will Prosper, Odile Tremblay et Claude Poissant qui se sont déchaînés.

Le Cabaret DADA QUEER a été tout simplement hallucinant avec un Stéphane Crête en feu qui n’a pas lésiné sur les costumes, les talons de 15 pouces et qui s’est donné corps et âme et surtout corps. Les invités nous ont montré ce que ça veut dire être QUEER et nous garderons longuement en mémoire l’arrivée de Mado Lamotte avec cinq «drag queen» géantes à La Sala Rossa. La performeuse new-yorkaise Susana Cook a littéralement cassé la baraque en racontant - en français s.v.p. - une histoire apocalyptique. Il n’y a vraiment que le FVA pour présenter sur la même scène des mondes aussi différents que ceux d’Alexandre St-Onge, 2boys.tv et Plastik Patrik.

Nous avons brisé la glace avec la nouvelle Casa qui était la plupart du temps bondée. La série des «5 à 7 band + poésie» était tout simplement exceptionnelle cette année. Dès le départ, Bernard Adamus, Séba et leurs invités ont donné le ton avec un spectacle qui sonnait «down beat» au max, Dynamo Coleoptera a créé un monde magique et très visuel, Music For Money et les poètes post adolescents étaient délicieux, le lancement du livre Passagères — Voix de Changements nous a émus, Krista Muir s’est révélée douce comme du bonbon, Les Sirènes étaient dérangeantes, etc. On adore cette série qui nous permet de présenter gratuitement des artistes connus et des voix émergentes.

Finalement, les Shift de nuit ont connu un grand succès et nous ont permis là aussi de présenter des artistes émergents et de connaître de nouvelles voix par le biais des micros ouverts. On se souviendra longtemps de la présence émouvante de Marjolaine Beauchamp, des incroyables comédiens trisomiques de la troupe Jo Jack et John, et de la force d’Ève Cournoyer.

La directrice artistique D. Kimm, toujours aussi infatigable et électrique, travaille déjà à préparer une dixième édition particulièrement somptueuse du Festival Voix d’Amériques. Rappelons que Les Filles électriques fêteront non seulement leurs 10 ans d’existence, le 10e anniversaire du FVA mais qu’elles sont aussi en nomination pour le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal dans la catégorie «Nouvelles pratiques artistiques». Les Filles électriques sont devenues une référence pour leur capacité de présenter des voix différentes et de permettre l’audace, l’expérimentation et l’émotion. On se croise les doigts et on leur souhaite bonne chance.