Nouvelle

Comment j’ai appris à parler aux oiseaux au CNA à Ottawa

Mardi 13 février 2018
7637

D. Kimm jouait récemment la 3e version de son spectacle jeune public Comment j’ai appris à parler aux oiseaux au Théâtre français du Centre national des arts à Ottawa. Du 7 au 11 février 2018, 6 représentations scolaires et familiales ont été jouées devant des enfants âgés entre 5 et 9 ans qui sont complètement tombés sous le charme de Mlle Mouche!

D. Kimm partage ses impressions, son processus de création, et ses mercis:

«J’ai commencé à réfléchir à ce spectacle en août 2015. J’y ai travaillé sans relâche depuis. Recherche, exploration, trois résidences de création, étapes de travail avec différents collaborateurs et collaboratrices, répétitions, remise en question, répétitions, remise en question, répétitions. Je partais de loin, de très loin car je ne viens pas du milieu du théâtre, je ne suis pas une comédienne, mais plutôt une performeuse habituée à travailler avec une structure souple, et surtout, je n’avais jamais créé de spectacle pour un jeune public. Je dois dire que j’ai dû travailler fort et que j’ai été souvent paralysée par le doute car… comment osais-je prétendre créer un spectacle jeune public alors que c’est un marché très saturé et qu’il y a déjà d’innombrables excellents spectacles.

Mais voilà, j’y croyais à ce personnage, à ce spectacle et chaque fois que je jouais devant des enfants, je voyais bien que la connexion opérait. J’ai travaillé à clarifier mon personnage, à me le réapproprier, à le garder près de moi, mais en même temps libre dans sa vie de personnage. J’ai appris à bouger, à occuper la scène, à faire des exercices pour ne pas me scraper la voix. J’ai appris à être drôle, vive, allumée, mais aussi touchante. Et il a fallu aussi avoir le courage d’abandonner ce qui ne fonctionnait pas comme ce maudit robot qui nous a coûté cher mais qui ne collaborait pas ou ce numéro de danse à claquette qui finalement tombait à plat (j’ai bien aimé mes cours avec Danielle Hotte par contre!).

Avec cette 3e version, je me sens fabuleusement bien. Je suis en pleine possession de mes moyens, je savoure chaque moment. Pendant la semaine c’était les groupes scolaires et la fin de semaine c’était un public familial. Toutes les représentations affichaient complet! J’ai eu de très bons commentaires des enfants, des professeurs et de l’équipe du CNA. Ma proposition artistique est considérée comme authentique, drôle et touchante. Je suis fière, mais le premier mot qui me vient c’est RECONNAISSANCE.

Je me sens infiniment reconnaissante envers tous ceux qui ont crû à mon projet et qui m’ont aidée à travers les différentes étapes de création et de production. Tout d’abord les conseillers dramaturgiques et coachs des débuts: Simon Boulerice, Yves Dagenais et Jasmine Dubé. Et les concepteurs Lucie Bazzo aux éclairages et accessoires, Guido Del Fabbro à la musique, Allison Moore pour les projections vidéo. Merci à Maude Audet pour la conception de ma robe, à Nicole Vigillier pour la crinoline, à Jimmy Lakatos pour la résolution de problème, à Catherine Fournier-Poirier pour l’ombrelle et Erica Schmitz pour ma tête d’oiseau. Un énorme merci à la très énergique Hélène Langevin qui m’a propulsée dans le mouvement et la joie lors du travail sur la 2e version. Et un merci reconnaissant à Danielle Lecourtois, ma précieuse et exigeante répétitrice pour le travail sur la 3e version.

Merci aussi à Rémi Boucher qui a eu l’audace de me donner une première chance dans le cadre du Festival Les Coups de Théâtre et à Marion Delpierre qui a accueilli la deuxième version au Festival Petits Bonheurs. Il est essentiel pour un artiste d’avoir le privilège de confronter son travail devant public pour pouvoir avancer et évoluer. Et un merci très reconnaissant à Mélanie Dumont du Centre national des arts qui a cru à ce projet dès ses balbutiements, qui en a suivi toutes les étapes et qui a toujours eu foi en Mlle Mouche. C’était un honneur de jouer un spectacle achevé pour 6 représentations scolaires et familiales dans une si belle salle.
Merci aussi à Johanne Germain de la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal et à Martin Hurtubise de la Maison de la culture Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension de même qu’à Claudéric Provost de la salle Albert-Dumouchel pour les résidences de création qui sont si précieuses dans le développement d’un projet.

Merci bien sûr au CALQ, au CAM et au CAC pour leur soutien à la compagnie Les Filles électriques.

Finalement, un merci tout spécial à mes deux super techniciens complices Rémi Leclerc et Laura-Rose R.Grenier avec qui je partage tous les grands et petits moments de création, production, montage, répétitions, transport, charriage de stock, résolution de problèmes, etc. Merci pour leur talent, leur compétence, leur implication et leur gentillesse.»

D. Kimm